La dette privée : ce que les turbulences américaines nous disent vraiment

Achevé de rédiger le 29 avril 2026

June 2, 2026
Economie

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Les récentes actualités sur le marché américain de la dette privée interrogent. Entre hausse des demandes de rachat, prise de provisions et doutes sur la qualité du crédit, cette classe d’actifs, longtemps perçue comme stable et décorrélée, se retrouve sous les projecteurs. Il convient donc de faire un état des lieux du marché de la dette privée et des différences structurelles entre l’Europe et les États-Unis (1).

La situation aux États-Unis

Dans un premier temps, rappelons que les turbulences sur le marché de la dette privée américaine ne proviennent pas seulement du crédit lui-même, mais surtout de son mode de distribution. Aux États-Unis, une part importante du marché est portée par les « business development companies » (BDC), des véhicules cotés ou semi-liquides distribués à des investisseurs privés. Leur succès a été spectaculaire : les BDC représentent plus de 500 Md$ (2) d’actifs, soit environ 30 % d’un marché américain de la dette privée estimé à 1 800 Md$ par Prudential Global Investment Management (PGIM). 

Cela étant dit, la hausse des demandes de rachat aux États-Unis s’explique surtout par deux facteurs. 

D’abord, par un choc de confiance très spécifique autour du logiciel. Une partie significative des portefeuilles de dette privée américains est exposée aux éditeurs de logiciels et aux modèles SaaS. La montée de l’intelligence artificielle remet en question la solidité de certains acteurs, ce qui conduit à des prises de provisions ou à des ajustements de valorisation. Ces mouvements alimentent la crainte que les valeurs d’actifs de certains véhicules ne soient pas encore totalement ajustées, d’autant plus que le software représente plus de 20 % des actifs des BDC. Selon la Banque des règlements internationaux (BRI), les encours de prêts privés aux entreprises SaaS sont passés de près de 8 Md$ en 2015 à plus de 500 Md$ fin 2025, soit environ 19 % des prêts directs. 

Ensuite, cette inquiétude a provoqué une réaction de panique chez une partie des investisseurs particuliers. Les BDC non cotées offrent souvent une liquidité trimestrielle plafonnée, alors que les actifs sous-jacents restent illiquides. Lorsque les demandes de rachat dépassent ces plafonds, un effet d’entraînement apparaît : certains investisseurs cherchent à sortir rapidement, par peur d’être bloqués ou de subir de nouvelles baisses de valeur. 

La contagion européenne : mythe ou réalité ? 

Ce contexte n’est pas comparable à l’Europe. D’abord, la taille et la maturité des marchés diffèrent fortement. On estime (3) le marché américain de la dette privée à environ 1 100 Md$ d’actifs, contre 488 Md$ en Europe. Le marché américain est donc plus concurrentiel et plus financiarisé ce qui pousse certains acteurs locaux à accepter des structures de dette plus agressives, avec des niveaux de levier plus importants et des protections documentaires parfois allégées. 

Ensuite, l’Europe n’a pas le même écosystème de BDC semi-liquides distribués massivement aux particuliers. Le marché reste majoritairement institutionnel, structuré autour de fonds fermés (plus de 90 % des fonds de dette privée). Cela limite le risque de “run” de liquidité (4): les investisseurs ne sont pas censés sortir trimestriellement d’actifs qui, par nature, se détiennent jusqu’à maturité. 

Aussi, sur le plan réglementaire, les BDC américaines laissent aux gérants une large flexibilité sur les modalités de rachat. En Europe et plus précisément en France, les fonds sont soumis au cadre réglementaire européen et à l’agrément de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) : les fenêtres de liquidité sont définies contractuellement et ne peuvent être modifiées. 

Enfin, en Europe, le risque est généralement mieux encadré : les niveaux de levier restent plus maîtrisés, les covenants financiers plus fréquents et la documentation plus protectrice pour les prêteurs. Cette discipline de structuration permet d’identifier plus tôt les difficultés éventuelles et reflète un marché encore majoritairement institutionnel et attaché à la préservation du capital. 

Ainsi, bien que les tensions observées aux États-Unis doivent être surveillées, elles ne sont pas transposables mécaniquement à l’Europe. Le risque existe, comme dans toute classe d’actifs de crédit, mais il est d’une nature différente : l’enjeu principal reste la sélection des emprunteurs, le niveau de levier des sociétés financées et la discipline de structuration des prêts. 

L’approche Eurazeo Private Value Europe 3 (EPVE 3) (5)

Pour rappel, EPVE 3 est un fonds commun de placement à risques (6), agréé par l’AMF (7), semi-liquide (dans la limite de 5 % par trimestre) (8), de plus de 3,6 Mds € d’encours (9). Il est investi sur des sociétés européennes du mid-market, rentable et en croissance. 

Le fonds repose sur une grande diversification à la fois sectorielle (industrie, santé, finance, consommation, technologie, ...) et géographique (France, Allemagne, UK, Pays-Bas, Italie, ...). Au 31/03/2026, EPVE 3 est investi dans 281 sociétés rentables et matures (10)

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En combinant dette privée (60 %) et private equity secondaire (40 %), EPVE 3 vise à délivrer une performance régulière dans la durée, sans garantie de rendement ni de capital », tout en affichant un profil rendement/risque susceptible de s’adresser à certains investisseurs privés, sous réserve de l’adéquation avec leur situation, horizon de placement, connaissance financière et tolérance au risque : SRI 3 (11)

Voici pourquoi, selon nous, EPVE 3 continue de s'affirmer comme une solution de référence pour investir sur les marchés privés, en maîtrisant son risque et de façon accessible aux investisseurs particuliers. 

L'équipe Eurazeo Wealth Solutions 

Les investissements présentés dans cette stratégie présentent un risque notamment de perte en capital, d’illiquidité, et de valorisation.

Les informations relatives au fonds ne se substituent pas à celles mentionnées dans la documentation légale du fonds.

Communication à caractère publicitaire et sans valeur contractuelle. Le contenu de cette lettre a un caractère purement informatif et ne constitue ni une recommandation, ni une offre d’achat, ni une proposition de vente, ni une inci­tation à l’investissement ou à l’arbitrage.

(1) https://www.federalreserve.gov/econres/notes/feds-notes/bank-lending-to-private-credit-size-characteristics-and-financial-stability-implications-20250523.html ; https://www.bostonfed.org/publications/current-policy-perspectives/2025/could-the-growth-of-private-credit-pose-a-risk-to-financial-system-stability.aspx

(2) https://octus.com/resources/articles/octus-private-credit-software-analysis-reveals-almost-30-exposure-to-bdcs/ ; https://www.securitieslawyer.com/non-traded-bdc-redemption-losses/ ; https://altswire.com/emerging-bdc-redemption-trends-echo-earlier-non-traded-reit-liquidity-cycle/

(3) https://pitchbook.com/news/articles/2026-us-leveraged-loan-outlook-market-poised-for-modest-growth-more-m-a ; https://www.aima.org/journal/aima-journal---edition-143/article/the-convergence-of-european-public-and-private-credit-markets.htmlhttps://www.churchillam.com/wp-content/uploads/2024/01/Q4-2023_Resilient-private-credit-fills-a-growing-need-across-US-and-Europe.pdf

(4) Un « run » de liquidité ou « run/ruée bancaire » se produit lorsqu’un grand nombre d’investisseurs perdent confiance et retirent simultanément et massivement leurs fonds. ; https://www.wealthmanagement.com/alternative-investments/private-credit-confronts-the-limitations-of-the-semi-liquid-label

(5) Fonds : Eurazeo Private Value Europe 3

(6) Votre attention est attirée sur le fait que votre argent est bloqué pendant une durée de 8 années minimum, [sauf cas de déblocage anticipé prévus dans le règlement]. Le fonds commun de placement à risques est principalement investi dans des entreprises non cotées en bourse qui présentent des risques particuliers. Vous devez prendre connaissance des facteurs de risques de ce fonds commun de placement à risques décrits à la rubrique « profil de risque » du règlement.

Enfin, l'agrément de l'AMF ne signifie pas que vous bénéficierez automatiquement des différents dispositifs fiscaux présentés par la société de gestion. Cela dépendra notamment du respect par ce produit de certaines règles d'investissement, de la durée pendant laquelle vous le détiendrez et de votre situation individuelle. 

(7) Code ISIN : FR0013301553. L’agrément de l’AMF ne constitue ni une recommandation, ni une garantie de performance ou de capital.             

(8) La liquidité est plafonnée, non garantie, soumise à la documentation du fonds et aux conditions de marché.

(9) Fonds : Eurazeo Private Value Europe 3

(10) Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

(11) SRI : L‘indicateur de risque et de rendement, présenté sous la forme d’une échelle allant de 1 à 7 correspondants à des niveaux de risques et de rendements croissants, vous permet d’appréhender le potentiel de performance d’un fonds par rapport au risque qu’il présente. La méthodologie générale du calcul de cet indicateur règlementaire s’appuie sur la volatilité historique annualisée du fonds calculé à partir des rendements hebdomadaires sur une période de 5 ans. Contrôlé périodiquement cet indicateur peut évoluer. Le niveau de SRI indiqué dans ce document est celui en vigueur à la date de rédaction du document.

Sources complémentaires : 

https://www.fitchratings.com/research/structured-finance/private-credit-defaults-recoveries-2025-06-03-2026 ; 

https://altswire.com/emerging-bdc-redemption-trends-echo-earlier-non-traded-reit-liquidity-cycle/

https://tscsw.substack.com/p/private-credit-is-lying-to-youhttps://icapital.com/insights/investment-market-strategy/bdc-redemptions-looking-beyond-the-gates/

https://www.alphaconseilsco.com/dette-privee/

https://larryswedroe.substack.com/p/why-the-private-credit-boom-isnt

Eurazeo – Société européenne à Directoire et Conseil de Surveillance, au capital de 222 911 578,85 euros, dont le siège social est situé 66 rue Pierre Charron – 75008 Paris, immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Paris sous le numéro 692 030 992 00071 depuis le 18 juillet 1969. Code APE : 6420Z.