Système de retraite : sensibilisation et alternatives

Revenons sur les raisons qui justifient l'intérêt tardif des français au sujet de leur départ à la retraite et les alternatives qui s'offrent à eux.
21 Avril 2022

Le constat est édifiant : selon un sondage BVA de 2015, 89 % des actifs français se disent inquiets au sujet de leur départ en retraite. Et parmi eux, 43% se revendiquent très inquiets. En cause, un système de retraite par répartition qui s'essouffle à vue d'œil, et une méconnaissance du mode de fonctionnement. Mais paradoxalement, les Français ne se préoccupent que très tardivement de leurs finances post-professionnelles.

Le constat : un système de retraite fragile

Un contexte favorable à l'éveil des consciences

A l’aube de la crise sanitaire, le débat sur les réformes de retraite a fortement participé à l'éveil des consciences. Alors que les actifs n’osaient plus penser au pire, les actualités politiques ont mis le doigt sur un sujet sensible. Chacun travaille, cotise, tout en ayant pleinement conscience de la fragilité du système en place.

La hausse du nombre de retraités fragilise le système

Selon une étude de l’INSEE, l’écart se creuse progressivement entre le nombre de cotisants et celui de retraités.

Si en 2008, on pouvait compter 27,1 millions d’actifs cotisants pour 14,4 millions de retraités, en 2019, le nombre de travailleurs est passé à 28,5 millions face à 16,7 millions de retraités. Autrement dit, le nombre de cotisants évolue moins vite que celui des retraités.

Ce n’est donc un secret pour personne, la retraite représente une des plus grosses dépenses sociales en France.

La retraite, un sujet anxiogène alimenté par un système complexe

Face à ce constat, les Français le savent. Une fois à la retraite, le risque d’une baisse de niveau de vie est quasi-inévitable. En moyenne, selon les profils et parcours professionnels, la retraite de base à taux plein représente 50 % du salaire.

Un processus de prise de conscience tardif

Avant 40 ans, la retraite, on y pense, avec un peu d’anxiété. A cet âge, l'enjeu financier est plus de consolider son poste pour réaliser ses projets de vie.Aussi, la prise de conscience a lieu vers 40 ans. Toutefois, on constate que ce n’est qu’à partir de 55 ans (en moyenne) que les Français réagissent face à ce constat.

Méconnaissance et inquiétude : la causalité décisive

La complexité du mode de calcul auquel s’ajoute un millefeuille de régimes complémentaires renforce l’incompréhension générale. Par conséquent, très peu de personnes savent réellement combien elles toucheront pour leurs vieux jours.

S'ensuit donc une relation de cause à effet imparable : moins on est informé sur le fonctionnement du système de retraite, plus on appréhende le terme de sa vie professionnelle. Ainsi, on comprend mieux les raisons pour lesquelles la retraite reste une thématique anxiogène pour la plupart des travailleurs.

La répartition : un système qui ne séduit plus

Selon l’étude “Attentes et perception de la retraite en France” menée en 2020 par la Caisse des Dépôts, le pessimisme règne dans l’esprit des Français concernant notre système de retraite. En effet, 40 % pensent ne jamais toucher de pension avec le système actuel et 25 % songent même qu’il n’existera plus d’ici leur passage à la retraite.

Aussi, leur jugement est assez tranché. Les Français jugent leur système fragile, inégalitaire, complexe et dépassé (source : enquête de la fonction pour l’innovation politique, octobre 2018).

Quelles alternatives pour nos retraites ?

Sensibilisation précoce et action anticipée

Il va s’en dire que, plus le sujet de la retraite est appréhendé tôt, moins il est anxiogène. Et si l’âge parfait pour s’y pencher n’existe pas, l’idéal serait de réduire le délai entre prise de conscience et action. A partir de 35 ans ou lorsqu’une stabilité s'établit quant aux projets de vie (achat immobilier, mariage, agrandissement familial…) c’est déjà le bon moment pour préparer sa retraite.

Anticiper sa retraite revient à s’éduquer sur le système, s’informer sur ses alternatives et surtout, agir dans la foulée afin de l’optimiser.

Les solutions à titre collectif

A l’heure actuelle, notre système de retraite n’est pas encore réformé. Mais face au vieillissement de la population et à la baisse du pouvoir d’achat, le scénario optimiste s’éloigne peu à peu. Plusieurs solutions sont envisagées pour renforcer le système de retraite collectif :

  • alimenter différemment les fonds de pensions ;
  • augmenter les cotisations ;
  • travailler plus longtemps ;
  • baisser les pensions.

Mais pour compléter sa retraite de base et une retraite complémentaire, mettre en place des solutions alternatives à l’échelle individuelle devient nécessaire.

Les solutions à titre individuel

Pour compléter leurs pensions de retraite, certains Français ont mis en place différents dispositifs, variables selon leur situation, leur profil et leurs projets. Ainsi les alternatives à l’échelle individuelle peuvent être les suivantes :

  • L’ouverture d’une assurance vie est un placement à long terme fiscalement avantageux. Il permet aux épargnants de bénéficier d’un revenu complémentaire pour la retraite, versé sous forme de rente ou de rachats partiels programmés.
  • De nombreux Français choisissent d’investir dans un bien immobilier locatif pour toucher un revenu complémentaire solide au moment de la retraite. Ainsi, ils profitent de l’effet de levier de l’emprunt accessible lors de la vie active pour se constituer un patrimoine qui sera profitable à long terme.
  • Le PER collectif (Plan d’Epargne Retraite Collectif) est un dispositif mis en place par l’employeur pour ses salariés, afin qu’ils puissent bénéficier d’un complément de retraite. Ce placement long terme abrite généralement les fonds issus d’une prime d’intéressement ou de participation.
  • A l’instar du PER collectif, le PER individuel est une épargne retraite souscrite à l’initiative de l’épargnant. Ce placement permet un versement sous forme de capital ou de rente au moment de la retraite. Le PER permet aussi de défiscaliser les versements qui l’alimentent en phase d’épargne.
  • Selon leur appétence au risque, certains épargnants investissent dans des produits financiers plus ou moins exposés (sur un compte titre ou un Plan d’Epargne en Action). Potentiellement rentable mais aussi doté d’un risque de perte en capital, ces solutions financières permettent la constitution d’un capital ou d’une rente versée au moment de la retraite.

Le jugement que portent les actifs sur le système de retraite français révèle plus un manque de connaissance qu’un réel désintérêt. Comment rendre ce sujet moins anxiogène aux yeux des cotisants ? Pour plus de détails sur le fonctionnement de la retraite par répartition et mieux comprendre les différents régimes en place, rendez-vous sur notre actualité “Comprendre le système de retraite en France”.