Edit'Hebdo, par Brigitte Troquier, Études économiques

Les investisseurs internationaux, friands acheteurs de dette française, commencent à s’en délester au profit de la dette allemande, devenue un peu plus disponible sur le marché depuis que les autorités se sont engagées dans un grand plan de relance. Mais le choix d’échéances plus courtes sur cet actif eurolandais révèle aussi les interrogations sur une éventuelle montée du risque euro… Seule la BCE pourrait rassurer sur ce point.

October 8, 2026

Illustration Chronique de l'économie

La France au pied du mur

Alors que la présentation du budget 2027 par le Premier ministre n’a pas convaincu les investisseurs, la prime de risque sur la France s’est encore un peu plus tendue en fin de semaine, dépassant le niveau de 155 points, soit 12 points de plus qu’au pic de la crise de la dette en décembre 2012. Mais la comparaison s’arrête là, car au cours de cette crise, la France faisait encore figure de « risque raisonnable », quand ses voisins italiens, espagnols, portugais ou irlandais affichaient des primes respectives de 505, 360, 1 085 et 602.

Aujourd’hui, la dette française est devenue le premier maillon faible… Les pays du Sud de l’Europe, au pied du mur, ont dû prendre à bras-le-corps la résolution de leurs déséquilibres budgétaires, face à un déficit d’épargne domestique qui ne pouvait pas combler les besoins urgents. Dans le cas de la France, le mur auquel elle est confrontée est celui de dépenses publiques insuffisamment productives face à une croissance décevante… L’une comme l’autre doivent évoluer.