Apprendre à investir : la recette de l’Association Française de la Gestion Financière

Découvrez les recommandations pour apprendre à bien investir selon l'Association Française de la Gestion Financière.
13 Janvier 2022

En octobre 2021 se tenait la cinquième édition de la Semaine mondiale de l’investisseur à laquelle était conviée l’Association Française de la Gestion Financière (AFG). Au titre de sa mission en faveur de l’éducation financière, un nouvel outil pédagogique à destination des épargnants a été publié : « Investir pour construire son avenir – 5 étapes pour réussir ». L’occasion de réviser les recommandations pour apprendre à bien investir.

L'éducation financière en France : qu'en est-il ?

La France n’a pas développé une grande connaissance des produits financiers au sein de sa population. Mythe ou réalité ?

Des Français conscients de leurs méconnaissances en termes d’éducation financière

Selon une enquête Auridep menée en 2020 pour la Banque de France, 52 % des personnes interrogées disent s’intéresser à l’actualité et aux sujets financiers. En revanche, seulement une personne sur cinq estime avoir une bonne connaissance sur les questions financières (+3 points depuis 2018).

Voici ce qui ressort de l’étude :

  • 30 % des personnes interrogées connaissent le taux actuel du livret A (0,50 %) ;
  • 73 % savent définir ce que sont les agios ;
  • Les comportements d’investissement sont plus risqués chez les jeunes et les moins diplômés ;
  • 48 % connaissent la définition du livret d’épargne populaire (LEP) et seulement 21 % celle de l’offre bancaire spécifique dédiée aux personnes en situation de fragilité bancaire ;
  • 42 % savent interpréter le TAEG (taux annuel effectif global) ;
  • 84 % pensent que l’éducation financière et budgétaire devrait être enseignée à l’école.

Mise en place d’une stratégie nationale d’éducation économique, budgétaire et financière

Une autre étude de Harris Interactive pour le Fonds de Garantie des Dépôts et des Résolutions (FGDR) complète le tableau. Les résultats de la 6e campagne, publiés en septembre 2021, montrent que 61 % des Français savent que leurs comptes courants sont couverts.

Pour rappel, l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) définit l’éducation financière comme :

Une combinaison de conscience financière, de connaissance, d’habileté, d’attitudes et comportements nécessaires pour prendre les bonnes décisions financières et finalement arriver à un bien-être financier individuel apprécié par la personne elle-même. 

Source : Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) - Atkinson et Messy - 2012.

Faire fructifier son épargne : les 5 étapes à suivre selon l'AFG

Apprendre à investir, ou comment l'AFG encourage l'éducation financière

Membre du Comité stratégique d’éducation financière, l’AFG poursuit son combat, en proposant un nouvel outil en partenariat avec l’EFAMA (European Fund and Asset Management Association). Ce guide pédagogique « Investir pour construire son avenir » préconise cinq étapes à suivre pour faire fructifier son épargne et se prémunir contre les effets négatifs de l’inflation (perte de pouvoir d’achat).

Étape 1 : Connaître sa capacité d’épargne

Combien reste-t-il à la fin du mois ? Voilà la première question à se poser avant de peaufiner sa stratégie. Pour calculer sa capacité d’épargne, il suffit de déterminer ses dépenses incompressibles, c’est-à-dire les dépenses dont on ne peut se passer. On peut mentionner le loyer ou le remboursement du crédit immobilier.

Viennent ensuite se greffer les factures d’eau et d’énergie ou encore les impôts. Mais aussi, toutes les dépenses dites de première nécessité : se nourrir, se laver, se vêtir, se soigner, se déplacer, s’instruire et se divertir. La capacité d’épargne est la différence entre les rentrées d’argent (revenus, salaires, investissements locatifs, etc.) et le montant des dépenses obligatoires.

La question qui vient aussitôt : que faire de ce pécule ? Va-t-il servir à financer un projet, à se muer en complément de revenus futur ou à nourrir une épargne de précaution en cas de coups durs ou de dépenses imprévues ? En fonction de la nature des objectifs, l’épargnant se fixe un montant à atteindre pour y parvenir. Il ne doit pas hésiter à demander de l’aide à son conseiller bancaire pour faire un état des lieux de ses finances personnelles et ainsi partir sur de bonnes bases.

Étape 2 : Investir dès que possible

L’effet cumulé (ou effet boule de neige) est un ingrédient essentiel de l’investissement. L’idée est simple : réinvestir les gains générés par son capital. Plus l’épargnant se lance tôt, plus l’effet à long terme est immense.

Par exemple, une personne qui démarre à l’âge de 20 ans devra épargner deux fois moins que si elle avait démarré à 30 ans. Cela signifie que, pour obtenir un résultat identique, il faut épargner deux fois plus à chaque décennie de retard concédé.

Pour comprendre le principe des intérêts composés, l’AFG donne l’exemple suivant, en supposant un rendement moyen des investissements de 5 % par an, et une inflation moyenne de 2 % (soit un rendement réel de 3 %) :

  • Marie investit 1 000 euros tous les ans pendant une décennie à partir de ses 25 ans. Au bout de 40 ans (à 65 ans donc), elle dispose de 59 933 euros ;
  • Laurent investit aussi 1 000 euros tous les ans pendant 20 ans à partir de ses 40 ans. Arrivé à 65 ans, il dispose de 46 527 euros ;

Que conclure ? Marie, qui a moins investi, mais plus tôt, a plus d’argent que Laurent, qui a fait de plus gros efforts, mais moins longtemps. Là encore, pour mieux comprendre comment se calculent les intérêts composés, l’épargnant ne doit pas hésiter à demander conseil à son banquier.

Étape 3 : Définir son profil de risque

Le rendement d’un placement est corrélé au risque de perte en capital. En réalité, plus l’épargnant prend des positions risquées, plus il est susceptible d’être récompensé sur le long terme.

L’épargnant doit chiffrer l’argent qu’il est prêt à perdre, en fixant son aversion au risque et son horizon de placement (3 ans ? 5 ans ? 10 ans ?). Plus l’investissement s’inscrit dans la durée, plus les risques de perte en capital sont lissés dans le temps. Un profil prudent aura une stratégie d’investissement plus sûre. Un profil dynamique aura une stratégie d’investissement plus téméraire.

Un conseiller bancaire dispose d’un questionnaire précis pour définir le profil de risque de l’épargnant. De celui-ci découle la stratégie d’investissement personnalisée et éclairée. La notion de risque de perte en capital doit toujours être comprise et intégrée dans la réflexion, pour piloter une méthode structurée et adaptable au fil du temps.

Nombreux sont les produits bancaires qui garantissent le capital (livrets d’épargne réglementés, assurance vie en fonds euros). D’autres sont sans garantie de capital (assurance vie en unités de compte, plan d’épargne en actions, compte-titres, SCPI, etc.).

Bonus : ne pas oublier le fait de pouvoir retirer ou non son argent à tout moment (on parle de produit liquide) comme critère pour établir sa stratégie.

Étape 4 : Diversifier son portefeuille

La priorité pour investir son épargne est de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Pourquoi ? Parce que le risque est plus important quand on mise tout sur un produit. Ainsi, en fonction de sa stratégie, l’épargnant investira dans des livrets réglementés, des contrats d’assurance vie multisupports, des plans d’épargne retraite, du crowdfunding, etc.

Il construira aussi son portefeuille d’actifs en le constituant d’actions, d’obligations, de parts de SCPI, de fonds indiciels, etc. À l’intérieur de ses produits, il ventilera ses placements entre les secteurs d’activités (technologies, environnement, santé, etc.), les zones géographiques (France, Europe, États-Unis, Asie, pays émergents, etc.), les tailles d’entreprises (start-up, PME, ETI, CAC40, etc.).

Devant tant d’options à disposition, la construction d’un portefeuille d’actifs nécessite une réelle expertise. Confier sa stratégie à son conseiller bancaire permet d’éviter de commettre des erreurs, tout en supprimant les aspects psychologiques très importants au moment de prendre ses décisions.

Étape 5 : Agir

Le plus difficile est de se lancer. Si l’épargnant n’a pas la connaissance ou le temps requis, il peut passer d’une gestion libre à une gestion sous mandat, en sollicitant l’accompagnement sur mesure d’un conseiller financier. Ce dernier reprendra avec lui les étapes précédentes pour définir son profil et ses objectifs, et ainsi choisir la meilleure stratégie.

L’épargnant profite de l’expertise d’un professionnel. Son conseiller lui apporte également une parfaite visibilité sur les arbitrages et la stratégie à mener pour atteindre les objectifs préalablement fixés.

Le suivi est régulier et l’épargnant conserve une liberté pour réaliser des retraits et des versements à tout moment. Si la décision finale reste dans ses mains, il doit avoir la connaissance suffisante pour valider ou non les options sur la table (rendements, fiscalité des plus-values, investir en Bourse sur le long terme, trader à court terme, etc.). Retour alors à la question initiale de l’éducation financière et de l’appréhension de la notion de risque.