Une crise durable

Les Etats ajustent leurs programmes
28 Octobre 2020

Dans un contexte sanitaire encore très incertain, les politiques économiques, aussi diverses soient-elles, ont un objectif central : éviter autant que possible un nouveau confinement généralisé. Celui qui a anesthésié l’activité des deux premiers trimestres s’est traduit par une perte de près de 19 points de PIB en France.

L'arrivée d'une seconde vague 

Depuis septembre, alors qu’une seconde vague pandémique se diffuse, les contraintes de distanciation essaient de s’adapter selon les secteurs d’activité. A ce titre, les dispositions en matière de chômage partiel sont reconduites et prolongées pour les secteurs contraints de réduire leur activité, et qui n’ont pas l’alternative du télétravail, le tourisme et l’hôtellerie en premier lieu mais aussi événementiel et à nouveau la restauration.

Les dispositifs mis en place

Le fonds de solidarité va, à son tour, évoluer pour mieux couvrir la perte d’activité consécutive aux nouvelles restrictions qui vont probablement durer. Ces mesures de court terme ciblées viennent s’ajouter au plan de relance qui a été décliné dans la loi de finances présentée fin septembre. Il va se déployer à partir de 2021 en un conglomérat de dispositions qui concernent à la fois la phase de sortie de la Covid tout en préparant l’après crise. La baisse des impôts de production, la transition écologique, la rénovation thermique ou la décarbonation de l’industrie s’inscrivent dans ce projet de plus long terme. Il a pour ambition de modifier la trajectoire de la croissance française qui a aussi révélé des failles à l’occasion de cette crise : dépendance industrielle mais aussi médicale, érosion de la compétitivité, centralisation excessive…Le coût budgétaire de ces mesures estimé à plus de 36 Mds € en 2021 pourrait stimuler une croissance qui sera probablement à la fin de cette même année encore près de 4 % sous son niveau attendu avant ce choc.

Face à un événement de cette ampleur, ajustement et réactivité sont les maîtres mots pour éviter que le vif rebond de rattrapage constaté au début du troisième trimestre ne s’essouffle à nouveau.