Reprise économique et re-convergence des activités

Un retour progressif à la normale.
19 Juillet 2021
Depuis quelques semaines déjà, la campagne vaccinale qui progresse dans les pays avancés en zone euro et en France en particulier conduit à une accélération du redressement des indicateurs d’activité.

Les dispositifs déployés 

Les dispositifs déployés depuis le printemps 2020 ont permis de maintenir les revenus des ménages grâce à la mise en place à grande échelle de l’activité partielle. Les prêts garantis par l’Etat et autres reports de charges fiscales ou sociales des entreprises ont préservé les capacités de production et de consommation de l’économie au cours de cette période.

Elles favorisent les conditions d’un rebond soutenu au moment de la réouverture de l’économie. Seuls quelques rares secteurs sont encore dans une situation de reprise partielle. Les indicateurs d’activité se redressent fermement tant du côté des entreprises que de celui des ménages. Ainsi, le climat des affaires s’établit-il à un niveau qui n’avait pas été atteint depuis le printemps 2007. La confiance des ménages décolle à son tour alimentée, d’une part par la détente des mesures sanitaires et, d’autre part, par des perspectives d’emplois et de dépenses plus favorables.

Accélération de l'activité économique

Cette accélération conduit à des révisions haussières des projections de l’activité tant sur 2021 que sur 2022. Si la reprise s’est faite timide au premier trimestre, le rattrapage du second et du troisième devrait permettre d’atteindre un niveau de croissance de 6 % sur l’ensemble de l’année selon la Commission Européenne. Elle se poursuivrait à un rythme un peu plus modéré en 2022. Le fort rebond de la consommation de biens des ménages en mai, 10,4%, et 7,4% sur un an en témoigne. 

Il s’accompagne d’un retour de la confiance au-dessus de son niveau moyen de long terme. Dans cette reprise très atypique, l’investissement productif n’est pas non plus sans surprendre. S’il s’est replié au cours de la crise, c’est dans une proportion moindre qu’au cours des précédentes récessions.

Une trajectoire de croissance

Face à une demande revigorée et de nouveaux défis en matière de modernisation de leurs équipements et de considérations de transition digitale et écologique, les entreprises françaises souhaitent poursuivre les efforts d’investissement déjà solides avant la crise. A court terme, leur situation financière, préservée durant la pandémie, leur offre cette marge d’action. Mais les facilités qui ont leur été octroyées en 2020 vont progressivement s’éteindre et les trésoreries accumulées au cours de la pandémie se dégonfler à leur tour.

A ce moment de la reprise, il est cependant encore prématuré de faire un état des lieux des fragilités qui émergeront. Il en est de même des conséquences en matière de tensions consécutives à la vigueur du mouvement de reprise. D’une part, les chefs d’entreprises rencontrent des difficultés sporadiques de recrutement sur quelques segments d’activité. Mais ils n’entrainent pas, à ce stade, de tensions sur les salaires. D’autre part, si des ajustements de prix sont courants en sortie de crise, ils pourraient cependant cette fois- ci perdurer au-delà du vif mouvement de reprise et conduire la banque centrale à revoir sa trajectoire de politique monétaire.

Cette dernière, toujours particulièrement accommodante, n’inscrit pas à court terme une réaction instantanée. Elle reste attentive aux mouvements haussiers qui pourraient émerger sur la partie plus longue de la courbe des taux d’intérêt, traduction d’un ancrage d’anticipation d’inflation des investisseurs sur la durée. Sans exclure cette alternative, la BCE souhaite néanmoins maintenir un environnement accommodant en ce début de reprise alors que la dette, et particulièrement celle des Etats, s’est alourdie. Si rien ne presse à court terme, la normalisation de cette politique monétaire sera l’une des prochaines étapes vers la sortie de cette exceptionnelle période. Elle sera scrutée avec beaucoup d’attention